Document - Chine. Craintes de torture et de mauvais traitements / Préoccupations d'ordre médical. Ablikim Abdiriyim ; Alim Abdiriyim ; Rushangul Abdiriyim ; Kaysar ; Rayila ; Razia ; Sardar Kaysar ; Epar Alim ; Turghun ; Kahar Abdiriyim ; Mamat Kadeer

Chine. Craintes de torture et de mauvais traitements / Préoccupations d'ordre médical. Ablikim Abdiriyim ; Alim Abdiriyim ; Rushangul Abdiriyim ; Kaysar ; Rayila ; Razia ; Sardar Kaysar ; Epar Alim ; Turghun ; Kahar Abdiriyim ; Mamat Kadeer


ACTION URGENTE

DOCUMENT PUBLIC Index AI : ASA 17/058/2007 – ÉFAI

14 décembre 2007


Action complémentaire sur l'AU 156/06 (ASA 17/032/2006 du 2 juin 2006) et ses mises à jour (ASA 17/038/2006 du 10 juillet 2006, ASA 17/060/2006 du 1er décembre 2006 ; ASA 17/011/2007 du 8 mars 2007 et ASA 17/016/2007 du 19 avril 2007) – Craintes de torture et de mauvais traitements / Préoccupations d'ordre médical


CHINE Ablikim Abdiriyim (h), 33 ans

Alim Abdiriyim (h), 31 ans

Rushangul Abdiriyim (f), 37 ans

Kaysar (h), environ 39 ans

Rayila (f), 25 ans

Razia (f), 16 ans

Sardar Kaysar (h), 10 ans

Epar Alim (f), 5 ans

Turghun (h), 9 ans

Kahar Abdiriyim (h), 42 ans

Mamat Kadeer (h)



Selon des sources dignes de foi, Ablikim Abdiriyim, troisième fils de la militante ouïghoure Rebiya Kadeer, a éprouvé de la difficulté à reconnaître les membres de sa famille lors de leur visite d'un quart d'heure, le 6 décembre. Il a été plongé deux fois dans le coma depuis son emprisonnement, et perd fréquemment connaissance. Les autorités chinoises auraient attribué ses problèmes de santé à des troubles cardiaques et auraient laissé entendre que son état pourrait empirer s'il s'obstinait à refuser de « coopérer » avec elles et de « reconnaître ses crimes ». En continuant de le maltraiter et de le priver des soins médicaux dont il a besoin, l'administration pénitentiaire met la vie d'Ablikim Abdiriyim en danger.


C'est la première fois que sa famille était autorisée à lui rendre visite depuis son arrestation en juin 2006. Il est actuellement détenu à la prison de Bajiahu, près d'Ürümqi, la capitale de la région autonome ouïghoure du Xinjiang.


Alim Abduriyim, frère d'Ablikim, a lui aussi pu voir ses proches, le 6 décembre, pendant quarante minutes. Les responsables de la prison leur auraient indiqué qu'il s'était montré plus coopératif, et qu'il avait « reconnu » ses crimes. Amnesty International craint que ces « aveux » ne lui aient été arrachés sous la torture.


En avril 2007, Ablikim Abdiriyim a été condamné à neuf années d'emprisonnement pour « incitation et participation à des activités à caractère sécessionniste ». Selon les médias chinois officiels, Ablikim Abdiriyim aurait reconnu ces infractions lors de son procès, mais Amnesty International pense que ces « aveux » lui ont été extorqués sous la torture. Selon certaines informations, Ablikim Abdiriyim n'a pas bénéficié d'une assistance juridique pendant son procès et n'a pas été autorisé à contacter un avocat. D'après des sources fiables, il a subi de graves blessures des suites de coups et d'autres formes de mauvais traitements en détention. Le 26 novembre 2006, des témoins l'auraient vu être évacué sur une civière du centre de détention de Tianshan.


Les proches de Rebiya Kadeer sont pris pour cibles par les autorités depuis sa première arrestation pour délit d'opinion, en 1999. Ce harcèlement s'est intensifié depuis qu'elle a été remise en liberté pour raisons médicales, le 17 mars 2005, et autorisée à quitter la Chine pour s'installer aux États-Unis. Avant qu'elle ne soit libérée, précise-t-elle, elle a reçu un avertissement : si elle nouait des relations avec des Ouïghours ou parlait en public de « questions sensibles » une fois libre, « ses entreprises et ses enfants n'aur[aient] plus aucun avenir ». Le 27 novembre 2006, lendemain du jour où Rebiya Kadeer a été élue présidente du World Uyghur Congress (WUC, Congrès ouïghour mondial), le tribunal a infligé à Alim Abdiriyim et à son frère Kahar des amendes s'élevant à plusieurs millions de dollars américain, et Alim a en outre été condamné à sept ans d'emprisonnement pour fraude fiscale. Par ailleurs, au début du mois d'avril, les autorités chinoises auraient entamé un processus d'évaluation et de liquidation des entreprises de la famille Kadeer. Rebiya Kadeer a affirmé à plusieurs reprises qu'elle n'avait rien à se reprocher.


Pour Amnesty International, le caractère systématique de ces « sanctions » contre les proches de Rebiya Kadeer en raison de ses activités de défense des droits humains met gravement en doute la crédibilité des investigations de la police ainsi que l'équité des procédures judiciaires.


Les autorités chinoises utilisent le prétexte de la « guerre contre le terrorisme » pour justifier leur sévère répression contre la communauté ouïghoure au Xinjiang, et pour priver ses membres de leurs droits humains. En Chine, seuls les Ouïghours sont susceptibles d'être condamnés à mort et exécutés pour des infractions à caractère politique.


ACTION RECOMMANDÉE : dans les appels que vous ferez parvenir le plus vite possible aux destinataires mentionnés ci-après (en chinois, en anglais ou dans votre propre langue) :

- dites-vous toujours inquiet à l'idée qu'Ablikim Abdiriyim ne soit pas autorisé à recevoir les soins médicaux nécessités par ses blessures dues aux actes de torture et à d'autres formes de mauvais traitements qu'il a subis en détention, et exhortez les autorités à prendre les mesures nécessaires pour qu'il bénéficie de la prise en charge médicale dont il a besoin ;

- demandez instamment aux autorités de prendre les mesures nécessaires pour qu'Ablikim, Alim et Kahar Abdiriyim puissent faire appel de leur condamnation, contacter des avocats de leur choix et consulter les documents judiciaires les concernant, et pour qu'ils bénéficient d'une procédure équitable s'ils décident de former un recours ;

- engagez les autorités à lancer une enquête exhaustive, indépendante et impartiale sur les allégations selon lesquelles Ablikim et Alim Abdiriyim ont été battus, ainsi qu'à traduire en justice les responsables présumés ;

- exhortez les autorités à mettre un terme aux violations des droits humains dont les proches de Rebiya Kadeer sont la cible, qui comprennent notamment des mauvais traitements en détention, le harcèlement de la police et d'autres restrictions appliquées à leur liberté d'expression.


APPELS À :

Premier ministre :

WEN Jiabao Guojia Zongli

The State Council

9 Xihuangcheng Genbeijie

Beijingshi 100032, République populaire de Chine

Fax : +86 10 65292345 (via le ministère des Communications)

Courriers électroniques : gazette@mail.gov.cn

Formule d'appel : Your Excellency, / Monsieur le Premier ministre,


Président du gouvernement populaire de la région autonome ouïghoure du Xinjiang :

Ismail TILIWALDI Zhuxi

Xinjiang Weiwuer Zizhiqu Renmin Zhengfu

2 Zhongshanlu

Wulumuqishi 830041, Xinjiang Weiwuer Zizhiqu, Chine

Courriers électroniques : master@xinjiang.gov.cn

Formule d'appel : Dear Chairman, / Monsieur le Président,


COPIES À :


Maire d'Ürümqi :

Shokrat Zakir Shizhang

Wulumuqi Shizhengfu Bangongting

1316 Kelamayi Donglu

Wulumuqi Shi 830063, Xinjiang Weiwuer Zizhiqu, Chine

Fax : +86 991 4689654

Formule d'appel : Dear Mayor, / Monsieur le Maire,


ainsi qu'aux représentants diplomatiques de la Chine dans votre pays.

PRIÈRE D'INTERVENIR IMMÉDIATEMENT. APRÈS LE 24 JANVIER 2008, VÉRIFIEZ AUPRÈS DE VOTRE SECTION S'IL FAUT ENCORE INTERVENIR. MERCI.